Article: Les Neuf Jours Avant l'Éclipse

Les Neuf Jours Avant l'Éclipse
Écrit depuis Pererenan le trois août, à neuf jours de l'éclipse.
La lune s'est levée tard hier soir, et elle s'est levée en ayant déjà perdu une part d'elle-même. Quatre-vingt-un pour cent éclairée, si vous voulez le chiffre. Plus douce que cela si vous ne faisiez que regarder. Elle est montée au-dessus des rizières derrière la maison passé neuf heures, orange comme elle l'est toujours quand elle doit traverser la brume qui monte des champs, puis blanche, puis simplement une lumière posée sur le carrelage qui m'a dispensée d'allumer la lampe à côté de moi.
Dans neuf jours, cette lumière s'éteindra entièrement. Pas lentement. Le douze août, ou le treize selon notre heure ici, le soleil et la lune se rencontrent à dix-neuf degrés du Lion, et quelque part dans le monde le milieu du jour deviendra sombre.
"L'obscurité n'est pas le contraire de la lumière. C'est la partie de la lumière qu'on ne vous a pas encore montrée."
Je ne veux pas vous parler de l'éclipse. Tout le monde parlera de l'éclipse. Presque personne n'écrit sur les neuf jours qui y mènent, et c'est là que se fait le vrai travail. L'éclipse est la porte. Ces jours sont le couloir.
La lune soustrait, et vous avez le droit de soustraire avec elle
De ce soir au douze, la lune rend un peu plus d'elle-même chaque soir. Quatre-vingt-un pour cent ce soir. Cinquante et un le six. Vingt-neuf le huit. Quatre pour cent le onze. Puis plus rien.
C'est le seul moment du mois où le ciel incarne ce que nous faisons le plus mal. Non pas lâcher avec un remplacement déjà prévu, ce qui n'est qu'un échange. Lâcher sans savoir. La lune n'attend pas une meilleure offre avant de libérer sa lumière. Elle la libère, nuit après nuit, à l'heure, en public.
Ce que le six vous demande
Le six, la lune atteint son dernier quartier, à moitié éclairée, en Taureau. Le Taureau, c'est le corps. Pas l'idée du corps, le corps réel. Les épaules remontées vers les oreilles depuis juin. La mâchoire. Les trois heures de sommeil que vous vous promettez de vous rendre.
Une lune à moitié éclairée en Taureau est une consigne très précise, et la voici : quoi que vous tentiez de décider avec votre tête cette semaine, votre corps connaît déjà la réponse, et depuis un moment. Vous attendez seulement la permission. Considérez que c'est la permission.
Les trois jours dont presque personne ne parle
Le neuf, le dix et le onze sont ce que les anciennes traditions appellent la lune balsamique. Entre quatre et dix-huit pour cent de lumière. La dernière fine courbe avant l'obscurité. Dans chaque tradition que j'ai apprise, ce sont des jours de repos. Sur votre agenda, ce sont un dimanche, un lundi et un mardi comme les autres.
Faites moins ces trois jours. Je le dis concrètement. Ne lancez rien, n'envoyez pas le message difficile, ne signez pas. Lavez vos cheveux lentement. Cuisinez quelque chose qui prend plus de temps qu'il n'en faut. Laissez un trou dans votre agenda et refusez de le combler. Vous récupérerez ce temps de l'autre côté du douze avec les intérêts, et je le vois se vérifier depuis dix ans.
Pourquoi le Lion change tout
Une éclipse en Lion ne demande pas ce que vous avez accompli. Le Lion n'est pas le signe de l'accomplissement. Le Lion est le signe du cœur, d'être vue, de ce que l'on crée simplement parce que le créer nous réjouit.
La question sous ces neuf jours n'est donc pas : que dois-je lâcher. Elle est plus discrète et nettement plus difficile. Où ai-je joué une version de moi-même qui ne me réjouit plus, et pour qui exactement est-ce que je continue de la jouer.
Vous n'avez pas à répondre cette semaine. Vous avez seulement à cesser de détourner le regard.
Une pratique, en une ligne
Chaque soir d'ici au douze, avant de dormir, nommez une chose que vous acceptez de ne plus porter. À voix haute, au plafond, à l'obscurité. Une par nuit. Neuf en tout. Ne les écrivez pas, car les écrire en ferait un projet, et ce n'en est pas un.
Ainsi le douze, quand la lune s'éteindra tout à fait et que le soleil s'éteindra avec elle, vous ne serez pas devant ce seuil à porter tout ce que vous portiez en juillet. Vous y serez les mains presque vides, ce qui est la seule façon dont quiconque ait jamais franchi une porte.
La lune reviendra. Elle revient toujours, le quatorze, en un croissant si fin qu'il faudra savoir où regarder. Et vous saurez où regarder, parce que vous l'aurez vue partir.
Avec amour depuis Bali,
Myrah.
Une Pièce pour l'Entre-Deux
Le Cocoon Wrap
Coton Tumanggal tissé à la main, façonné en petites séries par les mêmes mains balinaises qui tissent le Spirit Top. Une veste portefeuille ample aux manches larges, coupée pour bouger comme bouge le souffle. Le cocon n'est pas la destination. C'est le repos avant l'éclosion, exactement là où ces neuf jours veulent vous poser.
The Muse-Letter
Habillez-vous pour la femme
que vous devenez.
Chaque semaine, depuis Bali. La météo cosmique, le seuil devant lequel vous vous tenez, et une pièce faite à la main pour la femme qui est prête.
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