
Trop, Trop Peu, Trop Gris
l'histoire des cheveux au mexique est aussi une histoire de pression.
La beauté sous la domination coloniale
Les systèmes coloniaux n'ont pas simplement introduit de nouvelles coiffures à côté de celles qui existaient. Ils ont introduit une hiérarchie, qui traitait les styles, les textures et les parures autochtones comme inférieurs tout en récompensant la proximité avec les idéaux européens. Les cheveux plus lisses, coiffés à l'européenne, se sont associés au statut. Les tresses autochtones, la texture naturelle et la parure traditionnelle ont été requalifiées, souvent avec violence, comme arriérées ou inconvenantes.
Ce ne fut pas un simple changement de goût. Les femmes autochtones qui gardaient les coiffures traditionnelles pouvaient subir l'exclusion sociale, et à certaines périodes des formes plus directes de coercition, tandis que les institutions coloniales puis nationales travaillaient à imposer l'assimilation. Les cheveux sont devenus l'un des lieux quotidiens et discrets où s'est joué un projet de contrôle bien plus vaste, aux côtés de la langue, du vêtement et de la religion.
Les cheveux et la hiérarchie sociale
La respectabilité, dans le contexte colonial puis postcolonial, signifiait souvent une distance visible avec l'identité autochtone. Les cheveux lissés et la coiffure européenne sont devenus une forme d'assurance sociale, une manière de circuler plus facilement dans des institutions conçues pour récompenser l'assimilation.
C'est cette politique discrète et épuisante que beaucoup de femmes décrivent encore : le sentiment de devoir arranger ses cheveux avant certaines salles, certains emplois, certaines occasions. C'est l'héritier direct d'un système qui rendait autrefois ce calcul explicite.
L'écho qui nous parvient
Beaucoup de femmes connaissent la piqûre particulière de s'entendre dire que leurs cheveux sont trop épais, trop crépus, trop gris, trop fins, trop, trop peu. Le vocabulaire change avec l'époque. Le message de fond reste remarquablement constant : rendez-vous plus acceptable, plus gérable, plus conforme à une norme fixée par quelqu'un d'autre.
C'est pourquoi, après quarante ans, la décision de cesser de traduire ses cheveux dans le langage d'acceptabilité d'un autre n'est pas vraiment une réinvention. Elle ressemble plutôt à un refus, et généralement à un refus tardif. Si vos cheveux grisonnent, changent de texture, font ce qu'ils ne faisaient pas à trente ans, la bonne question n'est pas comment les corriger. C'est ce dont ils ont besoin maintenant : plus d'hydratation, plus de douceur, moins de chaleur, plus de patience.
La résistance à vue
Tout au long de cette histoire, la résistance a persisté dans les endroits les plus ordinaires. Les familles ont continué à tresser les cheveux comme leurs mères le faisaient. Les communautés ont continué à porter les styles traditionnels lors des cérémonies et des fêtes, quel que soit le jugement extérieur. La mémoire culturelle s'est transmise non par des déclarations, mais par le geste banal de continuer à faire les choses comme elles avaient toujours été faites.
Ce que la colonisation a tenté d'effacer n'a jamais été entièrement effacé. Cela a survécu dans les tresses qu'on noue encore, dans les huiles qu'on se transmet encore, dans la continuation obstinée d'un soin qui précède et survit à toute norme imposée du dehors.
Avec amour depuis Bali,
Myrah
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